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¤ Interview de Najoua BELYZEL par Idoles Mag ¤

 

"Comme le disait Françoise SAGAN, mon passe-temps favori a été de laisser passer le temps, de prendre mon temps et de vivre à contretemps"

 
Idolesmag : Tu viens donc de m’expliquer que tu avais été bouleversée en voyant ces visages d’enfants à ton retour de vacances, que ça a été comme un électrochoc. J’ai envie de dire que le fait de citer le prénom d’enfants disparus dans ta chanson fait le même effet… D’un coup, on n’est plus vraiment dans la chanson, on bascule dans la réalité.
Najoua BELYZEL : Je suis d’accord avec toi. Quand je suis rentrée chez moi… que je n’arrivais pas à extirper ce que je ressentais par rapport à ça, je me demandais "Pourquoi ? Que sont-ils devenus ?" Ce qui m’avait choquée dans ce que j’avais vu, c’est que le second visage que j’ai vu m’a fait oublier le premier. Si j’en avais vu un troisième, je pense qu’il m’aurait fait oublier le deuxième. Et ça, ça m’a fait très peur. Parce qu’il y a des enfants, des prénoms et des histoires derrière ces visages… Oublier à chaque fois le visage précédent m’a perturbée. En tant qu’artiste et auteure, je me suis dit que je ne pouvais pas revenir avec une chanson qui parlait d’amour. Ce n’était pas possible. Comme j’ai la chance d’avoir une certaine visibilité, il fallait que je parle de ça. C’était une évidence, pour moi. Et pour en revenir aux Prénoms… J’avais donc écrit une chanson classique, couplet/refrain. Mais il manquait quelque chose. Elle n’était pas tout à fait finie. Quand je l’écoutais, je trouvais qu’il manquait quelque chose de fort. Et les Prénoms se sont imposés d’eux-mêmes. J’ai donc commencé à écrire quelques prénoms. Annabelle, puis Belinda… J’avais besoin en fait que la dernière syllabe de chaque prénom soit la première du prénom suivant. Annabelle, Belinda, David et Victoria. J’avais écrit ça pour qu’on se souvienne des prénoms et pour que les personnes qui allaient écouter cette chanson puissent avoir la possibilité de retenir ces prénoms-là. Et en fait, quand j’ai eu cette idée et que je me suis mise à travailler dessus, ça m’a paru évident qu’il fallait que je mettre de véritables Prénoms, que ce serait plus fort. J’ai donc écrit de véritables Prénoms. Quand je dis "Estelle", je pense à Estelle MOUZIN. Je n’ai pas voulu tricher. Si j’avais vraiment voulu travailler mon texte, j’aurais mis d’autres prénoms. Mais j’ai juste voulu être moi-même. J’ai mis les vrais prénoms des enfants dont je me souviens de la disparition. Je me souvenais d’Estelle MOUZIN, du petit Grégory… Même si pour lui, on a su quelques temps après les vraies circonstances de sa disparation. J’ai donc voulu mettre de vrais prénoms, des prénoms d’enfants dont j’étais consciente de la disparition. On m’a reproché un peu plus tard de ne pas avoir cité tout le monde. Mais je ne pouvais pas mettre tout le monde. Il y a plus de dix mille disparations par an, je ne pouvais pas les citer tous. Donc, j’ai voulu être fidèle à moi-même et mettre les prénoms dont moi, je me souvenais.
 

"J'avais envie de revenir avec quelque chose de Profond et de Vrai"

 
Idolesmag : C’est une douche froide dans la chanson.
Najoua BELYZEL : C’est voulu. En citant ces Prénoms, j’ai souhaité faire un électrochoc aussi… Et je t’assure, ce n’est pas évident à chanter non plus !
 
Idolesmag : Tu as toujours abordé dans tes Chansons des sujets délicats en rapport à l’Enfance, je pense à "Docteur Gel" où il est question de Pédophilie, de "La Bienvenue" sur les Enfants qui ne sont pas Désirés… Te mets-tu parfois des barrières quand tu écris sur des sujets aussi délicats ?
Najoua BELYZEL : Franchement, non. Je ne me mets jamais de barrière. Je ne vois pas d’ailleurs pourquoi je me mettrais des barrières. Je suis quelqu’un qui revendique sa liberté. Et quand je parle de liberté, je pense évidemment à ma liberté d’expression, tout en respectant tout un chacun. Il faut juste trouver le bon équilibre. Comme tu le sais, j’ai des origines égyptiennes et marocaines. C’est ma culture, c’est ma religion. Mais j’ai choisi d’écrire une chanson sur les femmes voilées d’une manière très poétique. C’est une chanson qu’on découvrira sur mon troisième album. C’est très poétique, du moins je l’espère, mais en même temps, ça met le doigt sur certaines choses. Je parle de l’Afghanistan ou de l’Iran où les femmes sont emprisonnées sous un bout de tissu… Et donc, là aussi, c’est un sujet sensible. Mais jamais je ne me suis dit "Ça, Najoua, tu ne peux pas le dire !" Quand je chante sur mon deuxième Album "Fille d’orient ou d’occident", en réalité qui je suis, je ne me pose pas de question. La chanson dit "Suis-je libre ? Ai-je le choix ? Fille d’Orient ou d’Occident, Dites-moi". Je pose la question au gens. Qui suis-je ? Mais en réalité, je suis Universelle, je me sens bien partout, comme ça devrait être le cas pour tout le monde finalement… Chaque Etre est égal à un autre.
 
Idolesmag : Un petit mot sur le clip de "Que Sont-Ils Devenus ?" J’imagine que l’idée du Petit Chaperon Rouge et du Grand Méchant Loup s’est imposée rapidement…
Najoua BELYZEL : Même pas ! C’est moi qui en ai eu l’idée, mais pas tout de suite ! Au départ, on a pensé à ce clip, mais  on ne savait pas trop dans quelle direction aller. On s’est dit qu’il faudrait qu’on prenne des pincettes. Autant pour l’écrire, ça allait, autant pour l’illustrer, il fallait faire attention au clip. On a cherché longtemps. Et à la fin, je me suis dit que ça me prenait trop la tête, ce n’était pas normal. J’ai donc décidé de tout laisser de côté en me disant que l’idée viendrait plus tard. Dès que j’ai lâché l’affaire, le lendemain, le Petit Chaperon Rouge est venu dans ma tête. Je me suis dit que c’était ça l’idée. J’en ai parlé autour de moi, tout le monde a trouvé l’idée bonne. Et c’était parti. En fait, quand j’y repense aujourd’hui, c’était évident, comme tu me l’as dit, mais ça ne l’a pas forcément été dès le début… (sourire). Quand on rentre dans le détail, on se rend compte que ça n’aurait pas pu être autrement. Le rouge est ma couleur préférée. Et étant donné que je suis une très grande fan de Charles Perrault, je voulais qu’on découvre ce Clip avec des yeux d’enfants. Je savais que des enfants allaient le regarder, donc, il fallait qu’il puisse être regardé avec des yeux d’enfants. En en fait, il n’y a rien de mieux qu’un Conte pour exprimer ça. Tout en restant en alerte, parce que c’est un sujet difficile et je veux faire passer un Message, il fallait aussi garder quelque chose d’enfantin. Il fallait aussi faire passer un Message : Restez vigilants. Et le Grand Méchant Loup symbolisait très bien cette crainte…
 
Idolesmag : Le clip a bénéficié de deux versions. Pourquoi ? Pour des raisons purement techniques ou artistiques ?
Najoua BELYZEL : C’était une volonté de notre part. La deuxième Version du clip était l’idée qu’on avait eue au départ. Mais comme on pensait que ce ne serait pas faisable, on ne l’a pas fait tout de suite. Mais si. Donc, on a fait la deuxième version et on vient de la divulguer.
 

"Je suis Quelqu'un qui revendique sa Liberté, tout en respectant Celle des Autres"

 

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